13/05/2005

BHV DHL et toutes ces sortes de choses ...

De Francois Schreur

De tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus européens (axiome)

Ils ont bon dos, les Belges. Il paraît qu’ils « auraient dit oui ». A la constitution, s’entend. C’est du moins ce que « Le Soir » plastronne sans rire en Une, ce matin. Et ce que sont censés « prouver » (sic) les résultats d’un sondage. Mais si on ouvre le journal en pages intérieures, on apprend également, toujours selon la même sapience sondagesque, que 34 % de ces mêmes Belges n’ont tout simplement pas « entendu parler d’un projet de Constitution » (34 % !). Oui, il faut le faire. Et que seuls 25 % des sondés estiment comprendre le contenu du texte « tout à fait bien » ou « plutôt bien ».

Mais les Belges auraient dit « oui » ! Tout va bien.

Pourquoi « Le Soir » se pose-t-il soudain cette question de savoir ce que les Belges pensent de l’affaire ? C’est simple, là maintenant — je crois que le dernier acte doit avoir lieu jeudi avec le vote à la Chambre —, nos « représentants » sont en train de ratifier la Constitution, sans en parler, calmement. Que la constitution belge exige que les chambres soient constituantes |1| pour voter une constitution, tout le monde s’en contrefout plus ou moins. La « Constitution européenne » n’est une Constitution que quand il est pratique qu’elle le soit. Le reste du temps, elle n’est qu’un « traité ». Donc, un petit sondage et tout ira bien.

Que les Belges aiment l’Europe, c’est là une vérité fondamentale — sans doute aussi essentielle que celle voulant que les Allemands aiment la choucroute —, un postulat obligatoire pour tout analyste de la vie politique voulant avoir une chance de se faire entendre. Dès lors, informés ou pas, les Belges voteront « oui », gentiment.

Et ce n’est pas faux, les Belges aiment l’Europe. Moi, j’aime l’Europe ; je n’avais pas 6 ans que je proclamais déjà mon amour de cette grande cause . Comme la plupart de mes concitoyens, j’ai été bercé de cet idéal. Et aujourd’hui encore, je ne vois pas d’autre horizon réaliste à l’action politique qu’une union politique forte au niveau européen. Notez, les Français aussi aiment l’Europe, je crois ; hormis Philippe de Villiers et Jean-Marie Le Pen, je ne vois guère en France de personnalité opposant un résistance un tant soit peu sérieuse à l’idée européenne. Mais ça, ça fait partie des choses qu’on ne peut pas dire. C’est tout simple, il y a un truc que tous ces gras du cou (et je ne parle pas seulement d’Alexandre Adler et de toute la clique du Nouvel Obs’, mais on se minerait la santé à tenter l’énumération) qui pontifient hebdomadairement sur papier glacé n’admettront jamais, même sous la torture, c’est qu’on peut parfaitement aimer l’Europe (ce vaste, tellement vaste, concept) ET voter « non » à la Constitution. Voire que c’est justement parce qu’ils ne veulent pas renoncer au projet d’une Europe politique et solidaire que beaucoup de gens, la mort dans l’âme du triste constat qu’ils posent de ce fait, se résolvent à mettre un coup d’arrêt au processus, à exiger une mise au point.

Cette attitude du non de gauche — complexe bien sûr, multiple assurément, mais ô combien ambitieuse et optimiste dans son immense majorité dans la mesure où elle refuse de renoncer à cette Europe sociale qui a longtemps été l’horizon au nom duquel on a tout avalé —, il va ensuite falloir l’expliquer. Les ouistes parmi nos voisins s’y emploient dès à présent, car le score n’y changera rien — hormis bien sûr l’avenir de l’Europe, mais ça ils ne sauraient vraiment s’en préoccuper à moins de deux ans d’une présidentielle —, il y quelque chose qui coince. Quand l’immense majorité de la classe politique « traditionnelle » et des pouvoirs institutionnalisés, jusqu’aux Verts (qui ont sur le coup définitivement achevé de se décrédibiliser), est submergée par une opinion sortie de nulle part qu’elle se refuse obstinément à relayer, que ce soit 49 % ou 51 %, il va bien falloir donner des explications, au moins se donner une explication, se rassurer. Et là, le truc à éviter, à tout prix, c’est de reconnaître le non de gauche. Le « non » sera nationaliste, ringard, rétrograde, réactionnaire. Il n’y a pas à y couper. J’y viens.

Par je ne sais quel effet d’entraînement, cette évidence niée, rares sont les mass médias qui oseront la relayer, lui donner une chance d’exister dans l’esprit de ceux qui n’ont pas le temps ou la possibilité de lire autre chose que « Métro » ou « La Dernière Heure », de regarder RTL (pour le même prix, je pourrais évoquer « Le Soir » ou la RTBF qui, audience oblige, atteignent souvent le même niveau que les premiers cités).

Mais les Belges vont voter « oui » et on s’en félicite !

On a beau critiquer les référendums, pour tous leurs travers (bien réels, oui, oui, je suis d’accord), on est quand même bien obligé de constater qu’au moins, l’organisation d’un référendum, ça remue un peu la poussière, limite même que ça donne l’occasion aux gens de dire leur avis autrement qu’en votant « protestataire » — et ceci n’est pas valable uniquement pour la France, il suffit de regarder ailleurs (entre autres les Pays-Bas ou le Danemark) pour s’en rendre compte.

Non. Non ? Non, c’est décidé, le « non » sera lui aussi ramené à la vilenie d’un vote protestataire, d’un « merde » au système, décrètent les intelligents. Et que « oui » ! Non, mais. C’est peut-être le plus triste, c’est cette violence qui est faite à une expression politique incroyablement vivace malgré une absence frappante de relais dans le monde institutionnel. Lionel Jospin qui décrète que le « non » n’est qu’un « merde » — lui qui, en plus, a eu tout le temps de méditer sur le sens de cette expression mais n’en a manifestement pas tiré grand-chose — c’est le comble de la traîtrise, le coup bas entre tous. Mais tous ces établis qui conspuent aujourd’hui, qui le « poujadisme », qui la « médiocrité » ou l’« irresponsabilité » (ah, tous ces renoncements qu’on a pu faire glisser sans douleur au fond du gosier grâce à l’huile fine de la « responsabilité »), s’étonneront demain dans en enchaînement quasi mécanique des hoquets de la grande fée démocratie quand un candidat du système se fera encore sortir au premier tout d’une présidentielle, quand l’extrême-droite — ce refuge ultime et absurde des désespérés en mal d’expression mille fois trahis par la « gauche » bien-pensante — explosera encore tous ces plafonds que chaque fois on finit quand même par admettre — c’est que le peuple à parfois des humeurs.

 

avis aux belges NB : Si nous voulons continuer à bénéficier des meilleurs soins de santé et de pensions satisfaisantes, une plus grande partie de la population devra participer au travail et contribuer ainsi au financement de la sécurité sociale.

Discours de SM le Roi du 21/7/2004.

 on va finir par inventer de jolis camps de travail avec pour devise Arbeit macht frei

 

Le lundi de Pentecôte est «légalement férié mais non obligatoirement chômé», relève l'ordonnance rafarin, on est rigolo dans l’hexagone !

 

QUE LE PLUS BAS SALAIRE GAGNE !
Le site Web allemand Jobdumping.de va arriver en France cet été, avec son
système d'enchères inversées pour les emplois promouvant les salaires les
plus bas. Huit mille postes, répartis en 1200 catégories, sont ainsi
proposés outre-Rhin. Aujourd'hui, aucune entreprise française n'a
officiellement recours à de telles pratiques. Mais rien n'empêche légalement
leur application, en particulier auprès des travailleurs indépendants.
http://www.01net.com/editorial/275838/emploi/que-le-plus-bas-salaire-gagne-./

 

BLOGPULSE REVELE LES TENDANCES BLOGS

Blogpulse, qui se définit comme un "chasseur des tendances" dans le monde
des blogs, a publié des statistiques sur le contenu des dix millions de
blogs passés au crible de son système de recherche. Un tiers des blogs ainsi
analysés ont été mis à jour durant les 30 derniers jours, et 51% dans les
trois derniers mois. 12% sont rédigés dans une autre langue que l'anglais.
Concernant les sources citées par les blogueurs entre le 1er mars et le 18
avril 2005, ce sont Yahoo! News, le New York Times et CNN qui ressortent le
plus souvent. Les blogs les plus cités sont Boing Boing, Engadget et The
Daily Kos. Quant aux personnalités les plus citées, il s'agit de Terri
Schiavo, une américaine dans le coma depuis 15 ans qui est décédée en mars,
Jean-Paul II et George W. Bush.

SUR LA CONSTITUTION : VOIR AUSSI :
Raoul Jennar, les partisans du Oui mentent pour faire avaler la Constitution
http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2005-04-01%2022:07:48&log=invites
Diana Johnstone, la Constitution et la guerre
http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2005-04-23%2016:31:13&log=invites
Herwig Lerouge, 10 raisons de refuser la Constitution
http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2005-03-30%2023:35:35&log=invites

Par quoi je veux dire que dire «non» à ce traité constitutionnel n’est pas une position négative, mais bien au contraire la posture positive par excellence, affirmative, même, et constructive.
Nous devons travailler pour faire entendre de plus en plus clairement à quoi nous disons «oui».
À la question: «mais que proposez vous à la place du traité?», ne soyons pas embarrassés pour répondre: à la place du traité actuel, nous voulons un texte qui nous fasse une autre place. Et c’est cette place que nous voulons partager pour produire tous ensemble le texte qui construira l’Europe socialement et politiquement, c’est-à-dire une Europe où tous ceux qui n’ont rien à vendre restent notre bien commun le plus précieux.» [Marie-José Mondzain]

 


05:32 Écrit par Henri | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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