15/05/2006

Nous vivons un temps d'espoir.

Nous vivons un temps d'espoir. Devant nos yeux se poursuit un incomparable bouleversement des conditions de vie de l'humanité, une révolution de développement sans égal dans l'histoire du monde. Jamais la force créatrice des hommes n'a été aussi grande que de nos jours. Jamais autant d'hommes ne se sont sortis de la pauvreté que pendant ce dernier quart de siècle. Jamais autant d'hommes n'ont connu tant de liberté et tant de sécurité qu'aujourd'hui. Nous vivons dans un temps de possibilités, dans une ère de voisinage global croissant, prospérité et coopération pacifique, où les frontières des nations ont de moins en moins d'importance, et le choix libre des individus en a de plus en plus.

 

C'est un développement remarquable, surtout dans un monde qui, il n'y a pas très longtemps, coulait de sang et de larmes à cause des conflits nationalistes et les ravages violents du totalitarisme. Mais ce temps d'espoir et de possibilités est aussi un temps de frustrations et d'inquiétudes. Frustrations parce que beaucoup de gens sont encore bannis à la prospérité apportée par le dynamisme de la mondialisation. Frustrations parce que chaque pas en avant rend encore moins acceptables la misère et l'oppression restantes. Mais aussi inquiétudes, ressenties par plusieurs, face à des changements intensifs et des nouveaux défis. Et encore, inquiétudes ressenties lorsque les anciennes formes de production et les habitudes de la vie quotidienne se relâchent. Les transitions sont rarement faciles. Il peut se produire des crises et des pertes à court terme, et tout homme ne trouvera pas le chemin menant à l'avenir.

 

Tout cela donne lieu aux sentiments fort contradictoires envers le processus de mondialisation, et crée un vaste marché pour toutes sortes de prophètes de jugement dernier, d'opportunistes, de profiteurs, de mécontentement et de hooligans politiques.

 

La résistance à la mondialisation attire des extrémistes de droite et de gauche ; des intellectuels se réunissant autour du Monde Diplomatique aux manifestants professionnels et les hooligans réclamant les rues ; de ceux qui veulent détruire toute économie de marché à ceux qui veulent défendre l'économie de leur propre pays contre une concurrence indésirable. Et leurs motifs, leurs actions et les objets de leur haine sont tout aussi variés. Certains attaquent des McDonald's à Millau ou à Seattle, d'autres se réunissent en un happening ambulant contre "le gouvernement global" ; certains accusent les marchandises importées du Tiers-Monde de toutes les mésaventures nationales, et d'autres encore s'attaquent aux immigrés pour sauver les caractéristiques distinctives de la nation.

 

Il y a pourtant certains traits importants qui réunissent tous ces gens. Ils veulent tous bâtir des murs qui restreignent le libre mouvement des hommes, des biens, des marchandises, des capitaux, des techniques et des cultures.

 

De plus, ils veulent empêcher le libre choix des gens. Ils veulent régler ce que l'on peut manger, le genre de films à voir, la musique à écouter, ou comment et où placer notre argent, où habiter, travailler, vivre. Ils défendent différentes idéologies, mais qui se basent toutes sur une méfiance profonde envers la liberté individuelle et la société ouverte rendant possible cette liberté.

 

Ce qui caractérise les adversaires d’un progrès humain véritable est leur prétention à représenter l'opinion publique et à parler au nom des pauvres. Le peuple qui se révolte contre l'établissement. C'est cette image que veulent donner les anarchistes de Black Bloc ou les activistes d'Attac, on veut légitimer le hooliganisme politique que symbolise un José Bové. Dans ce spectacle mensonger, presque tous les représentants des gouvernements du monde ont l'air d'usurpateurs et une foule de micro-sectes se fait passer pour les représentants légitimes de la population mondiale. Jamais tromperie n'a été aussi totale.

 

Si ces représentants autoproclamés du peuple agissaient vraiment dans l'intérêt des pauvres, ils plaideraient pour une dérégulation des marchés à l'importation, une suppression des subsides à l'agriculture, plus de liberté de mouvement des hommes, des idées et des biens, autrement dit pour plus de mondialisation. C'est ce dont les pays pauvres ont besoin ; la participation à l'économie mondiale, pas l'exclusion.

 

Les amis de la société ouverte ont longtemps eu tendance à sous-estimer le danger dans l'agitation des ennemis de l’émancipation socio-politique. On a considéré ce phénomène comme une sorte de sous-bois politique et intellectuel, sans grande importance pour l'avenir. C'est pourquoi ces apôtres de la peur ont pu prêcher sans être dérangés ; on les a laissés dépeindre scénario après scénario du jugement dernier, et avancer des déclarations absurdes sur l'état du monde et le développement global.

 

Les conséquences de cette passivité commencent à se faire sentir, surtout dans une Europe où toutes sortes de partis nationaux-socialistes et xénophobes cueillent les fruits de la crainte, et se préparent à monter au sommet du pouvoir politique.

 

Ce développement devrait être suffisamment alarmant pour nous pousser à une contre-offensive envers les ennemis de la société ouverte. Mais ce n'est pas tout. L'histoire devrait nous pousser à une garde politique et intellectuelle active autour des valeurs fondamentales de la société ouverte.

 

(Anonymement déposé)

08:26 Écrit par Henri | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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