24/04/2007

Emprunté

En mai, fais ce qu'il te plaît... par Pierre Damiens



Considérons ce scrutin comme une apocalypse, au sens étymologique du terme: une révélation, un moment de vérité...

Trop de patriotes, de nationalistes, de braves gens en somme, ont cru que la victoire pouvait sortir des urnes. La bonne surprise de 2002 en a berné plus d'un. Il était plaisant de penser, il y a 5 ans, que le peuple français avait encore une capacité de réaction collective. Le rejet de la constitution européenne a pu renforcer cette illusion.

Mais c'était méconnaître que les ressorts de l'électorat sont peu cohérents, que la foule est versatile et qu'une population a qui l'on demande son avis résiste mal à l'envie de gagner. Hormis quelques trublions vite qualifiés d'extrémistes, un électeur, et c'est la grande force des démocraties, vote non pas pour le camp qui représente le mieux ses idées, mais pour celui qui lui semble avoir le plus de chances de l'emporter. Face aux urnes, le votant se comporte inévitablement comme le joueur attablé à la roulette. Il ne choisit pas, il cherche une martingale, il spécule, il voudrait rafler la mise.

Il est statistiquement impossible que les idées nationales progressent comme par enchantement. L'afflux massif d'immigrés inassimilables aboutit à la submersion (colonisation de substitution) et à la dilution (métissage) de l'identité nationale. La guerre livrée par tous les moyens possibles, y compris les plus infâmes (Carpentras), les plus violents (Yann Piat), ou les plus sournois (la récupération des symboles) contre toute forme d'expression politique du patriotisme, condamne les nationalistes naïfs au sectarisme et au folklore.

Beaucoup se sont laissés prendre au jeu démocratique. Ils ont oublié les leçons du passé. Le système démocratique libéral est bien un totalitarisme. Un totalitarisme "soft" en apparence, mais un authentique totalitarisme dans la mesure où il se légitime de manière autonome, exclusive et intangible. Ce qui n'est pas dans le système n'a pas d'existence légale, n'a pas voix au chapitre, et n'a d'autre choix que d'intégrer le système (c'est l'option adoptée par les gauchistes) ou de l'affronter radicalement (ce qui apporte au système la contradiction dont il a besoin pour justifier ses mesures de rétorsion).

L'histoire du nationalisme français montre que la démocratie est une dictature redoutable. Des hommes de la plus grande valeur, de grands esprits, des mouvements populaires bien organisés se sont épuisés en la combattant. Il est vain de placer ses espoirs dans une providence électorale. Nos chances sont minces. Nous avons face à nous un ennemi terrible, innombrable, tout-puissant. Il nous connaît pour nous avoir fabriqués et nous l'avons servi plus que nous l'avons ébranlé. Aussi, nous ne pourrons vaincre qu'en échappant à ses prévisions, et en étant les meilleurs, car nous ne serons jamais les plus nombreux. C'est en employant des moyens nouveaux, originaux, que nous pourrons trouver les failles du bloc cosmopolite et nous engouffrer dans ces brèches.

Les résultats de ce premier tour de scrutin doivent être médités.

1°) Un état des lieux:

Tout d'abord, le Front National, en chiffres absolus, conserve une assise d'environ 4 millions d'électeurs, parmi lesquels des contestataires et des gogos qui peuvent, au mieux, être employés en "idiots utiles" de la cause nationale. Il y a aussi d'authentiques nuisibles qu'il convient de remettre dans le droit chemin ou d'exclure avec intransigeance. Il y a enfin des gens sincères qui méritent qu'on les rassemble au lieu de les diviser, comme les leaders des partis patriotiques s'y sont trop souvent employés. Cette assise populaire est précieuse, mais ne sera jamais majoritaire par le simple jeu d'une campagne conventionnelle.

Par ailleurs, le Front National s'est laissé prendre au piège de la banalisation. En adoucissant son image, en poliçant ses discours, en orientant une bonne partie de sa campagne vers la conquête des immigrés et des musulmans en particulier, le vieux tribun, mal conseillé par sa fille aux opinions droitières et mollassonnes, s'est tiré une balle dans le pied. Il a lâché la proie pour l'ombre. Nul doute que son héritière achèvera de liquider l'appareil dont les adhérents et les sympathisants risquent se regrouper en structures groupusculaires, voire de se disperser définitivement.

Ensuite, ceux qui ont apporté leurs voix à Sarkozy lui confèrent une légitimité instantanée, mais lui confient par là même un mandat impératif: ramener la paix civile et la prospérité. Il est fort peu probable que les promesses faites en ce sens soient tenues, et l'éventuel président Sarkozy gouvernera avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête.

Enfin, la gauche a perdu le socle populaire qui faisait sa force et fait le grand écart entre une bourgeoisie bien-pensante de fonctionnaires et de boutiquiers, et une faune migratrice dont elle pourra exploiter les rages (comme dans l'affaire du CPE) mais qu'elle ne parviendra pas à domestiquer. Les classes modestes de la société française vont donc, sous peu, être orphelines.


2°) Les orientations possibles pour le mouvement national:

Il en ressort que les pistes d'une action politique se dessinent:
- Dans le domaine du secours aux nécessiteux dont le nombre ira croissant. La répression de la "Soupe au cochon" des identitaires indique que le coup avait fait mouche.
- Dans une démarche "ouvriériste" et "poujadiste", puisque les grands partis et les syndicats ont déserté ce terrain.
- Dans l'action régionaliste, car l'enracinement est un enjeu essentiel et l'approche culturelle et locale permet de prendre le contre-pied des idéologies mondialistes.
- Dans l'adoption d'une démarche non victimaire, le but n'étant pas d'obtenir des excuses, mais de gagner.


En conclusion, le scénario du 2° tour ne sera pas déterminant pour la suite des opérations. Quel que soit l'élu, nous ne devons en attendre aucune faveur, aucune mansuétude. Entre la peste et le choléra, il faut choisir de se soigner. Un point c'est tout. Narkolène ou Ségozy n'auront pas les moyens de sortir le pays du marasme et leurs envolées lyriques sur les thèmes patriotiques laisseront la place à une gestion de ploutocrates. La partie se jouera au 3° tour... c'est à dire à la prochaine récession un peu dure, un peu sérieuse, celle qui verra les rentiers foutre le camp et les banquiers planquer leurs magots et leurs miches. Ce 3° round, c'est celui qu'il faudra remporter. Et nous n'en connaissons ni le jour, ni l'heure.

 

Publié par le Père Damien, je veux dire par Pierre Damiens le 23 avril dernier ...




"Là où il y a une volonté, il y a un chemin." (Guillaume d'Orange).
"Le désespoir en politique est une sottise absolue" (Charles Maurras).


 

07:43 Écrit par Henri dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, france, societe |  Facebook |

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