30/09/2007

le mot de Attali (voir son blog)

En écrivant, en 1929, «la terre est bleue comme une orange», Paul Eluard ne pensait pas que ce vers allait devenir immensément célèbre, et encore moins qu’il deviendrait un jour le symbole de la crise que traverse le pays de René Magritte, l’un de ses meilleurs amis: la Belgique, où le héros local, Tintin, vécut aussi l’une de ses aventures autour d’«oranges bleues». Trois mois après ses élections législatives, ce pays n’a toujours pas de gouvernement. Et, même si une coalition entre les chrétiens-démocrates (symbolisés par la couleur orange) et les libéraux (identifiés au bleu) regroupe 81 députés sur 150, elle n’en rassemble pas assez (les deux tiers) pour voter les réformes institutionnelles qu’exigent les communautés.

Flamands et Wallons se disputent à coups de statistiques: la Flandre prétend apporter 10 milliards d’euros à la Wallonie, qui réplique que ce n’est pas plus de 2. La Wallonie se vante de croître plus vite que la Flandre, qui répond que le chômage wallon est le double du flamand. La Flandre estime que sa productivité, de 20 % supérieure, est entraînée vers le bas par la Wallonie, qui soutient qu’elle attire plus d’investisseurs étrangers. De fait, la géographie impose ses lois : la Wallonie est enclavée, alors que la Flandre dispose, avec Anvers, d’un port, le deuxième d’Europe, très loin devant tous les ports français. A cela s’ajoute le problème de Bruxelles, région en soi, que d’aucuns voudraient ériger en district fédéral européen, à l’image de Washington.

18:04 Écrit par Henri dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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